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Images aléatoires

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23/01/05

 

Je prends un rickshaw pour Connaught place, grande place de Delhi. Il y des travaux, on construit le métro. Je marche au hasard sans destination précise. On m’accoste pour me faire visiter des magasins, pour organiser mon voyage, pour me donner des conseils. Ils essayent de faire du business, c’est bien normal. Je leur fais vite comprendre qu’ils perdent leur temps avec moi. Avec le sourire tout passe, alors ils abandonnent. Une petite fille fait la roue devant moi, elle veut une pièce, un adulte la fait déguerpir. Je continue mon chemin.

 

Je suis tombé sur une église catholique, je rentre pour voir. Elle ressemble bien aux nôtres. Je continue à déambuler quand je tombe sur le Gurdawara Bangla Sahib, temple sikh. Magnifique temple aux toits dorés. Il semblerait qu’il y a une fête, des centaines de personnes enturbannées se bousculent vers l’entrée. Il faut entrer pieds nus. A l’entrée du temple il y a un grand chantier. On construit un parking sur plusieurs niveaux. Tous les travailleurs, hommes, femmes et enfants sont bénévoles. Ils travaillent pour que l’accès au temple soit facilité. Tout le monde s’active. Je prends quelques photos. Je pose mes chaussures à l’endroit réservé aux touristes. On me met un foulard sur la tête, je suis prêt pour entrer dans le temple. Les murs sont en marbre, le plafond est couvert de dorures. Au centre, il y a une sorte d’autel couvert de fleurs, sur un des côtés 3 musiciens habillés en noir jouent d’instruments anciens. Les gens se prosternent devant l’autel et vont ensuite s’asseoir sur le côté. Je m’assois et j’observe. En sortant du temple, sur la droite, il y a quelques marches qui conduisent à un grand basin, l’eau aurait des vertus curatives. Certains se baignent, l’eau doit être glacée. Le tour du basin est en marbre, c’est vraiment très beau.

 

Je croise Astrid à la cantine, elle a visité Humayun tombeau comme je lui avais conseillé, elle n’est pas déçue. On se verra peut-être demain avant de prendre le train.

25/01/04

 

De Delhi à Khajuraho via Jhansi.

 

Je suis arrivé à Khajuraho après 8 heures de train et 4 heures de bus.  

 

10/10 pour le confort du train couchettes. J’avais réservé une place dans un compartiment de seconde avec climatisation, classé ici 3A, ce qui veut dire 6 personnes par compartiment. Les couchettes sont confortables. On te donne 2 draps, une couverture et un oreiller. Le contrôleur passe au départ du train ce qui permet  de passer une bonne nuit sans être dérangé. J’étais le seul occidental du wagon. J’ai payé 505 roupies pour 420 kilomètres environ, ce qui n’est pas rien pour l’Inde. Ce sont les Indiens des classes moyennes qui voyagent dans cette classe.

 

Certainement la meilleure nuit que j’aie passée depuis mon arrivée en Inde. La suite du voyage n’a pas été aussi confortable.


 

Jhansi.

Le bus était défoncé, les fenêtres ne fermaient pas et le vent matinal était glacial.   J’ai à peine eu le temps de monter dans le bus qu’il partait déjà. Départ à 05h30 précise comme indiqué dans le Lonely Planet. Le vent s’engouffrait par toutes les ouvertures. Je me suis emmitouflé le mieux que j’ai pu, ce qui ne m’a pas empêché d’attrapé un rhume carabiné, avec du paracétamol et du thé au gingembre il devrait assez vite passer.

 

Khajuraho.

Je vais me poser quelques jours ici. Cette après-midi, j’ai fait un petit tour du village (10000 habitants environ) et aperçu quelques temples. Ils sont grandioses. Je commencerai la visite demain matin.

 

Je fais une rencontre amusante, un petit papi vendeur ambulant. Il voulait me vendre au choix : des cartes postales, un livre illustré des temples de Khajuraho, un Kâma-Sûtra (les temples sont couverts de sculptures érotiques) enfin il voulait que je lui achète quelque chose. Je lui dis que je ne veux rien de tout ça, que pendant mes visites je prendrai des photos. Il réfléchit quelque instant avant de me proposer la carte de l’Inde en me disant avec un petit air ironique : « la carte de l’Inde tu ne peux pas la prendre en photo ».

 

On s’est regardés et on est tous les deux partis dans un fou rire interminable. On a continué notre conversation autour d’un thé au gingembre. On était installé proche de l’entrée des temples de la zone ouest. Les groupes de touristes arrivent avec leur guide. Le petit papi m’explique comment ça se passe. Les groupes arrivent à l’aéroport de Khajuraho, ils montent dans le bus, direction la visite des temples de la zone ouest, la zone la plus intéressante, retour à l’hôtel. Le lendemain ils finissent la visite des temples restants et ils reprennent l’avion en fin d’après midi. Il me dit tout en riant, ils viennent dépenser leur argent en Inde mais ils ne voient rien de l’Inde, ils courent alors que pour découvrir l’Inde il faut prendre son temps. J’ai bien évidement acheté la carte de l’Inde que je ne pouvais pas prendre en photo. Il a gagné 15 roupies et moi j’ai passé un très bon moment.


26/01/05
 

J’ai mal dormi. J’ai des frissons (et je monte le son) et des céphalées. Le coup de froid perdure. J’ai une trousse à pharmacie avec tout ce qu’il faut dedans.

 

Je m’extirpe avec difficultés de l’enchevêtrement de couvertures. Le carrelage est froid. Je récupère mes tongs qui ont glissé sous le lit. J’ouvre les rideaux. Le soleil pénètre dans la chambre et la réchauffe instantanément. Je passe sous la douche. J’enfile rapidement mes vêtements. Un petit déjeuner s’impose avant de commencer la visite des temples de la zone ouest. En face de l’hôtel, il y a un restaurant avec une terrasse à l’étage. Les parasols sont ouverts. Je me restaure de toasts avec de la marmelade, d’œufs durs et d’un chai brûlant. J’en profite pour consulter le Lonely Planet.

 


Les temples ont été construits entre 950 et 1050 par la dynastie des Chandela, le choix du site demeure inexpliqué. Khajuraho est loin de tout, peu peuplé, et pendant l’été la température peut monter jusqu’à 45°. Comment les Chandela parvinrent-ils à recruter la main-d’œuvre nécessaire à la réalisation de cette tâche colossale ? Cette question demeure sans réponse. L’isolement su site l’a préservé de la fureur iconoclaste des envahisseurs musulman qui s’exerça sur nombres de sanctuaires dans le reste du pays. 

 

Les statuettes représentant les nymphes célestes sont superbes, il y a six temples à voir. Le temple le plus important est dédié à Vishnu (il protège et préserve le bien dans l’univers). Le temple est entouré de deux frises sculptées. es visiteurs s’arrêtent longuement devant la frise sculptée du bas, ornée de superbes nymphes célestes et de scènes érotiques.

 

Je suis allongé sur la pelouse irradiée de soleil. Je ferme les yeux. Je m’enfonce lentement vers l’abîme des fondations des temples. Les images de ce début de voyage en Inde se bousculent dans ma tête. Et puis je sombre dans un sommeil agité.

Des éclats de voix aux accents américains arrivent jusqu'à mon cerveau en demi-sommeil. Le flot continu de paroles me transporte à New York au sommet de l’une des tours du World Trade Center. C’était l’été, l’odeur du bitume chauffé par un soleil au zénith montait en volutes des rues désertées en contrebas. Quelques yellow cab sillonnaient le quartier de Wall Street. Tout faisait penser à l’univers de Playmobil. De si haut tout est-il vraiment plus beau ?  Et au loin la statue de la liberté scintille de mille éclats. Le 11 septembre est passé par là, les tours ne sont plus mais le skyline de New York reste le plus spectaculaire du monde, seul celui de Hong Kong peut le rivaliser.

Les Américains sont bruyants, encore plus quand ils sont à l’étranger. Ils voyagent en tribus. En ce sens, on leur ressemble beaucoup.

 

Leur président, sauveur de la planète et commander-in-chief de la pagaille en Irak, vient de fêter sa réélection avec ses amis milliardaires. Je lis dans the Indian Times que son administration viserait à mettre l’Iran au pas. La raison invoquée, l’Iran développerait l’arme atomique et n’accepterait pas que des inspecteurs viennent vérifier leurs installations. Les Iraniens ne voient certainement pas d’un bon œil d’être encerclés par des bases américaines en Afghanistan et en Irak.

27/01/05

 

J’ai dormi 12 heures d’affilée. Le rhume m’a mis K.O. Je me sens en meilleure forme ce matin.     

 

Hier soir, j’ai négocié le transport en cyclo-pousse vers les temples Jains et hindous du groupe est. On avait rendez-vous à 10h30. Il est là à 10H00. Je suis en train de prendre mon petit-déjeuner au restaurant d’en face.

 

Les temples du groupe est sont moins intéressants que le groupe ouest, par contre ils se trouvent dans la vielle ville. Les petites rues du village sont pleines de vie. Des gens se lavent sur le trottoir, des enfants s’amusent, des femmes s’activent à laver le linge. Le petit gars qui conduit le cyclo-pousse a parfois bien du mal à me traîner, Je descends souvent et je marche à côté de lui.

 

Je visite la petite école du village. Bâtiment simple ouvert à tous les vents. Une salle de classe unique sans bureaux ni chaises. Le tableau noir couvre entièrement l’un des murs. Les enfants sont accroupis sur des tapis élimés. La maitresse d’école nous salue. Les enfants nous lancent des regards espiègles. Mon guide poids plume, il n’est pas grand et est d’une minceur incroyable, m’invite à continuer notre chemin.

   

L’un des temples se trouve près d’une ferme. Les vaches, les cochons, les chèvres, les chiens et les buffles entourent le temple. Des enfants pieds nus s’amusent à faire rouler de vieux pneus à l’aide d’un bâton. Ils ne cherchent pas à éviter les bouses de vaches et autres tas de merde et crient leur joie de vivre.

 

De retour à la ville nouvelle, je me rends au petit musée archéologique. Il renferme une collection de statues et de sculptures retrouvées dans les environs de Khajuraho.

La visite terminée, je flâne au bord du lac, j’arrive sur la place du marché.

Je suis vite repéré par quelques enfants, ils voient mes jumelles et veulent tous regarder avec. Elles feront le tour du marché. Les femmes sont habillées de sari de toutes couleurs, je prends des photos quand elles me l’autorisent.

Une petite gamine de 6, 7 ans, parlant bien l’anglais me propose du haschich. Je lui dis que je ne fume pas. Elle me dit que c’est son père qui le vend, beaucoup de touristes fument. Je sais mais moi je ne fume pas, merci quand même. Elle part aussi vite qu’elle est arrivée. Je continue ma ballade

28/01/05

 

Après quelques heures de bus sur des routes défoncées, j’arrive enfin à Orccha nouvelle étape de mon périple en Inde. J’ai loué une chambre au Deep Regency Hôtel que j’ai négocié à 200 roupies la nuit. Je ne la trouve pas terrible mais on trouve à l’arrière de l’établissement une belle terrasse avec un point de vue magnifique sur les palais perchés sur la colline de l’autre côté de la rivière Betwa. Une tribu de singes loge sur les terrasses alentour. La terrasse est le lieu de rencontre du DRH, le point de ralliement étant un étendage de fortune encadré de tabourets en plastique décoloré par des années d’exposition au soleil.    

 

Après la lessive et une douche réparatrice, je pars faire un tour rapide du village. Je m’arrête au petit restaurant du coin le Ram Raja pour prendre mon repas du soir. Le diner est léger, des samossas, petits beignets aux légumes accompagnés d’une sauce aux piments verts, un lassi à la banane et deux oranges, le tout arrosé d’une boisson gazeuse (60 roupies).

 

La nuit tombe à peine quand je franchis le seuil de l’hôtel.  Le voyage a été éprouvant, même si le chauffeur a fait de son mieux pour éviter les nids-de-poule de la route.