
26/01/05
J’ai mal dormi. J’ai des frissons (et je monte le son) et des céphalées. Le coup de froid perdure. J’ai une trousse à pharmacie avec tout ce qu’il faut dedans.
Je m’extirpe avec difficultés de l’enchevêtrement de couvertures. Le carrelage est froid. Je récupère mes tongs qui ont glissé sous le lit. J’ouvre les rideaux. Le soleil pénètre dans la chambre et la réchauffe instantanément. Je passe sous la douche. J’enfile rapidement mes vêtements. Un petit déjeuner s’impose avant de commencer la visite des temples de la zone ouest. En face de l’hôtel, il y a un restaurant avec une terrasse à l’étage. Les parasols sont ouverts. Je me restaure de toasts avec de la marmelade, d’œufs durs et d’un chai brûlant. J’en profite pour consulter le Lonely Planet.
Les temples ont été construits entre 950 et 1050 par la dynastie des Chandela, le choix du site demeure inexpliqué.
Khajuraho est loin de tout, peu peuplé, et pendant l’été la température peut monter jusqu’à 45°. Comment les Chandela parvinrent-ils à
recruter la main-d’œuvre nécessaire à la réalisation de cette tâche colossale ? Cette question demeure sans réponse. L’isolement su site l’a préservé de la fureur iconoclaste des
envahisseurs musulman qui s’exerça sur nombres de sanctuaires dans le reste du pays.
Les statuettes représentant les nymphes célestes sont superbes, il y a six temples à voir. Le temple le plus
important est dédié à Vishnu (il protège et préserve le bien dans l’univers). Le temple est entouré de deux frises sculptées. es visiteurs s’arrêtent longuement devant la frise sculptée du bas,
ornée de superbes nymphes célestes et de scènes érotiques.
Je suis allongé sur la pelouse irradiée de soleil. Je ferme les yeux. Je m’enfonce lentement vers l’abîme des fondations des temples. Les images de ce début de voyage en Inde se bousculent dans ma tête. Et puis je sombre dans un sommeil agité.
Des éclats de voix aux accents américains arrivent jusqu'à mon cerveau en demi-sommeil. Le flot continu de paroles me transporte à New York au sommet de l’une des tours du World Trade Center. C’était l’été, l’odeur du bitume chauffé par un soleil au zénith montait en volutes des rues désertées en contrebas. Quelques yellow cab sillonnaient le quartier de Wall Street. Tout faisait penser à l’univers de Playmobil. De si haut tout est-il vraiment plus beau ? Et au loin la statue de la liberté scintille de mille éclats. Le 11 septembre est passé par là, les tours ne sont plus mais le skyline de New York reste le plus spectaculaire du monde, seul celui de Hong Kong peut le rivaliser.
Les Américains sont bruyants, encore plus quand ils sont à l’étranger. Ils voyagent en tribus. En ce sens, on leur ressemble beaucoup.
Leur président, sauveur de la planète et commander-in-chief de la pagaille en Irak, vient de fêter sa réélection avec ses amis milliardaires. Je lis dans the Indian Times que son administration viserait à mettre l’Iran au pas. La raison invoquée, l’Iran développerait l’arme atomique et n’accepterait pas que des inspecteurs viennent vérifier leurs installations. Les Iraniens ne voient certainement pas d’un bon œil d’être encerclés par des bases américaines en Afghanistan et en Irak.